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mardi 8 février 2011

Une semaine à Oxapampa

Mardi dernier, Karl, le volontaire scoto-polonais est parti vers le sud après avoir partager 3 semaines de volontariat avec nous et deux mois au total dans la ferme d'Eilif et Carola. Le travail se passe toujours bien et est très enrichissant. Nous apprenons le désherbage sélectif, le semis du sarrasin sans recours à la houe, la culture du yacon grâce à la propagation assistée, l'utilisation du compost pour les poules, l'exécution de quatre poulets coupables de paraître succulents et la préparation de pain.
Le désherbage sélectif consiste à laisser les plantes utiles qui se sont propagées par voie aérienne ou grâce aux gourmands. Au début, cela peut paraître surprenant, habitués que nous sommes aux jardins bien organisés où ne poussent que les plantes désirées. Cela parfois à l'aide de désherbants chimiques qui savent reconnaître la mauvaise herbe mieux que quiconque. Au final, cela permet d'avoir deux niveaux de culture. Un à raz du sol nécessitant souvent moins de lumière puisque la plante vient de la nature où la proximité de la terre rime avec faiblesse de la source lumineuse mais qui permet de garder l'humidité, un plus haut qui protège des rayons direct du soleil et permet un écoulement de l'eau de pluie moins direct vers les plantes situées en dessous. Ici, il s'agira de fraises, de patates douces ou de cacahuètes pour la couche inférieur et de quito-quito, de manioc ou de yacons pour la couche supérieure.

Désherbage sélectif
Le recours à la houe ou à la fourche pour tourner le jardin ne doit pas être systématique. La plupart des micro-organismes qui aident les plantes à pousser se trouvent dans les trois à cinq premiers centimètres de terre. En tournant le jardin trop profond, les micro-organismes et les vers se retrouvent à une profondeur qui les détruit ou ne leur permet pas d'être actif dans les premiers jours du semis. 

Nora bronze en plantant du sarrasin
Toujours dans le domaine du jardinage, nous avons appris à propager le yacon, une plante d'environ deux mètres qui produit des tubercules riches en fructose et délicieuses en salade. Eilif les utilise pour produire de la choucroute qui sera mixée avec de la farine pour les poules. Les tubercules, contrairement aux pommes de terre ne contiennent pas d'yeux mais la racine en est couverte. De cette manière, en procédant à une découpe méticuleuse de la racine, il est possible d'obtenir une trentaine de nouveau plants à l'aide d'une seule racine. De plus, chaque plante produit entre cinq et sept kilos de tubercules succulentes pour un plant qui a un an et le double environ pour une année de plus.

Ce plant de deux ans a produit 13,5 kg de tubercules

Nora replante les yacons
En plus du jardin, il y a une centaine de poules et coqs dans la ferme. Ici aussi, la croissance se fait de manière naturelle. L'idée est de limiter le stress de la captivité grâce à des techniques de mobilité de la cage ou en rendant l'environnement le plus agréable possible. La mobilité de la cage est ce qui s'appelle la pâture pour les poules. La cage est montée sur des skis ou sur des roues qui permettent de mouvoir la cage tous les jours. Cette technique demande beaucoup d'espace et n'est valable que pour les gens disposant d'un lieu de pâture suffisamment important. Afin de garantir aux poules en cage un lieu sain et aux humains un air libre des odeurs que peut produire un élevage de poules, le sol en ciment doit être remplacé par du sol meuble auquel on peut ajouter du compost ou de l'herbe de temps à autre. L'ajout de compost permet aux poules de creuser le sol à la recherche d'insectes ou de vers et ainsi assumer leurs instincts. L'autre partie de la nourriture est une sorte de purée contenant la choucroute riche en ferments lactiles qui permettent aux poules de développer un système immunitaire qui les protège de la majeure partie de maladies bénignes et ainsi avoir un rendement meilleur au niveau de la ponte.

Les cages à poules

Un traîneau qui sert de cage à poules pour la pâture
Cependant, les oeufs ne sont pas l'unique produit qu'Eilif et Carola tirent de l'élevage des poules. La viande de poulet en est une composante. Après avoir parler de notre désir de tenir des poules, Eilif m'a proposer d'en tuer trois pour me faire la main. L'exécution est un moment bizarre même si ça ne m'a pas gêner outre mesure. Tout d'abord, on sélectionne le poulet candidat à la casserole. Ensuite, on l'emmène dans un coin loin de la vue des autres poules. On lève la hache et on l'abat sur le cou du poulet qui ne bouge pas ne sachant pas ce qui l'attend. Il ne se débat qu'une fois la tête séparée du tronc et pendant une minute arrose les bottes et le pantalon de sang. Il faut ensuite le plumer et l'éviscérer rapidement car les plumes se retire mieux tant que le corps est chaud et que la température ambiante permet à de nombreux insectes de voleter autour de la viande fraîche douze mois par an.

Je n'avais pas encore pris le coup mais il est mort sur le coup
Les temps de pluie sont consacrés aux activités d'intérieur et la cuisine fait partie de celles-ci. Nora a préparé du pain les semaines passées et cette fois-ci ce fut mon tour. Le premier essai ne fut pas forcément bon mais le suivant a permis d'affiner la technique. Nous avons appris à cuisiner ou à préparer des fruits et des légumes que nous ne connaissions pas comme la patate douce, la banane plantain ou le manioc.

Reconversion en boulanger
Une expérience sympathique fut l'anniversaire de Sara, la plus petite des deux enfants. Nous avons découvert des jeux, des chants, des danses et des traditions qui sont familières aux enfants péruviens mais qui nous étaient complètement inconnues. Cela nous a permis aussi de rencontrer d'autres parents qui se sont installés à Oxapampa pour différentes raisons.
Nous avons profité du week-end pour découvrir une autre partie du parc Yanachaga-Chemillen et y faire une petite randonnée. Nous sommes partis de bonne heure pour faire une ascension partant de 1800 mètres et arrivant à 3000 mètres. Cela ne fut pas facile. Les premiers kilomètres et mètres de dénivelé n'avaient pas de quoi nous effrayer puisque une fois trouvé le chemin qui mène à l'entrée du parc, la seule difficulté est de mettre un pied devant l'autre et nous avons même eu la chance d'être pris en stop par un pic-up. Le garde-parc nous a rejoint pour nous aider à passer le torrent même si cela ne présenter pas de réelles difficultés mais une côte raide a failli venir à bout de nos forces et nous arrêter au premier refuge. Cependant, après une discussion avec le garde-parc et un déjeuner remontant, nous avons pu continuer jusqu'au sommet sans le garde-parc retourner dans la vallée. La pluie nous a vite attrapé et nous avons évoluer dans les nuages sans pouvoir profiter de la vue sur la vallée plus de deux fois. Arrivés au second refuge qui se situe au sommet de la montagne, nous avons allègrement profiter de notre après-midi en ne faisant rien d'autre que discuter et admirer les quelques arbres en face de nous en espérant apercevoir un singe mais rien. La nuit et la redescente se firent sous une pluie battante au milieu des arbres-fougères, des milliers de bambous, des centaines d'orchidées, des champignons, d'autres fougères et représentants de la forêt amazonienne d'altitude. La redescente fut aisée au départ mais la pluie incessante a fait monter le cours d'eau que nous devons traverser cinq fois. La première fois s'est fait à guet avec plus ou moins d'équilibre et de chance. Ensuite, nous avons pu sauter par-dessus le cours d'eau pour atteindre l'autre berge. Les fois suivantes, nous avons du développer des trésors d'ingéniosité pour arriver à placer les troncs coupés en travers du cours d'eau pour pouvoir passer. Finalement le dernier fut le plus difficile car tous les troncs se trouver sur la berge opposée et nous avons du cheminer avec les troncs du passage précédent pour pouvoir traverser en se mouillant les pieds. La fin du parcours est un chemin carrossable mais si la pluie s'était finalement arrêtée les passages à guet demeuraient relativement hauts. Suffisamment en tout cas pour détremper le moteur d'une moto tentant l'ascension avec trois passagers.

On a quand même vu des choses magnifiques
Une fois rentrés, nous avons pu nous habiller au sec et aller boire une bière. Sur le chemin du bar, nous avons regarder un match de foot dans la boue avec des supporters pas forcément très enthousiastes.



lundi 24 janvier 2011

Petite ballade dans la jungle

Après une semaine de travail à la ferme nous avons décidé de changer d'air et de visiter le parc national Yanachaga Chemillen qui se trouve au nord-est d'Oxapampa. Karl, le volontaire écosso-polonais nous a accompagné.
Tout a commencé très tôt samedi matin pour pouvoir profiter un maximum de notre ballade. Cependant, nous fument vite refroidis par les horaires de bus qui ne correspondaient pas vraiment à ce que Carola nous avait dit. Réveillés et partants, nous nous sommes donc dirigés vers la ville pour prendre le premier "collectivo" qui nous tomberait sous la main. Bien nous en a pris car si les horaires n'étaient pas celles qui nous avait été annoncées par la maîtresse de maison, elles n'étaient pas non plus celles données par la bonne.
Pour se représenter le voyage en bus, il est nécessaire de savoir ce qu'est un toyota HiAce 4x4 avec 16 places à l'intérieur. Nous nous sommes aperçu dès le départ que nous allions être serrés de toute façon mais on a pris l'habitude et si nos gabarits ne correspondent pas forcément aux standards japonais (le fabricant) ou péruvien (l'exploitant), on se dit que ça ne durera pas longtemps. La position près de la vitre est perilleuse pour deux raisons. La première est que forcément la vitre ne ferme pas correctement et le courant d'air sillone l'échine alors que les gouttes de pluie perlent le long du dos. La seconde est que durant la saison des pluies, les passages compliqués se multiplient et on a vite fait de voir la roue du mini-bus passer à quelques centimètres du précipice qui mène jusqu'au torrent en furie deux cents mètres en contrebas. Le bon côté des choses, c'est la vue imprenable sur la paysage. Nous avons donc évolué deux heures et demi dans ce mini-bus dont les rencontres improbables avec des camions ont pimenté le trajet.
Une fois sur place, nous avons été cordiallement accueillis par le garde-parc qui nous a ouvert le gîte pour le prix du camping et nous a proposer une randonnée en fin d'après-midi pour observer les oiseaux. Après l'installation, nous avons déjeuné et nous sommes ensuite descendus jusqu'à la rivière par un sentier glissant qui circulait sous les abris sous roche. La vue et le son étaient impressionnants. La rivière passe en ce point dans un profond canyon où le courant ne faiblit pas mais où la rivière qui fait jusqu'à trente mètres de large se réduit à dix. Nous avons profiter du paysage et du son pendant une demi-heure avant de retourner vers l'entrée pour prendre le rendez-vous de seize heure.
Nous n'avons pas été déçus par la visite qui nous a permis de voir un rassemblement de coqs de roche péruvien (rupicola peruviana). Il s'agit d'une espèce d'oiseaux dont le mâle est orange et la femelle oscille dans les tons marrons. Ils se rassemblent le soir et le matin dans des endroits particuliers appelés lek (aire de parade) pour attendre une ou plusieurs poules. Durant cette visite, nous avons pu apprecier d'autres oiseaux, des plantes mais malheureusement aucun singe.
Nous avons passer la soirée entre danses sous la pluie équatoriale et verres de pisco autour du feu, le tout en discutant de la vie...
Habitués à dormir avec le soleil, nous nous sommes levés de bonne heure et avons fait une petite ballade en jouant à devine à qui je pense; Le but de la marche était de voir des singes mais si nous en avons entendu deux fois nos yeux ne nous ont pas permis de distinguer un représentant de l'espèce locale. Il nous a été donné de voir de paysages magnifiques le long du canyon qui suit la rivière qui après quelque centaine de kilomètres se jetera dans l'amazone. Nous avons enfin pris un "collectivo" vers Oxapampa qui était privée d'électricité pour la journée.
De bons moments parmi tant d'autres et un seul mois avant le retour...

Je suis presque aussi grand que le mini-bus

Le torrent sans le son

Personne n'avais plus envie de se baigner

Je préfère les papillons aux moustiques. Ils se nourrissent du sel des sécretions cutanées pas de mon sang

Deux coqs de roche dans un lek

La vallée est magnifique

Une immense double cascade