Affichage des articles dont le libellé est Frontière. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Frontière. Afficher tous les articles

samedi 13 octobre 2012

Sur les frontières et le football...

Les suppoters ont la foi...
Finalement, nous avons abandonné le bus dans lequel nous avons retrouvé le couple de lettons car un des sites que je voulais absolument voir est la vallée qui relie le lac Titicaca à Cuzco. Or, à cause du match de foot entre la Bolivie et le Pérou, de la foire qui se tient à la frontière entre ces deux pays et de l'organisation catastrophique des douanes de ces deux pays, nous sommes restés bloqués pendant près de quatre heures à la frontière au soleil de midi sans pouvoir faire grand chose d'autre que la queue. En forçant un peu nous sommes quand même passé mais beaucoup de supporters s'impatientaient et je pense que la plupart de ceux-là ne sont pas arrivé à temps à La Paz pour voir le match.
Nous sommes arrivés vers 15h15 à Puno dans une gare routière bondé de supporters et dans une ville quasi-fantôme. Nous avions déjà vu à Santiago comment le foot pouvait s'apparentait à une religion dans ce sous-continent mais après avoir vu l'activité de Puno sans match et avec, il aurait était difficile de la définir par les mêmes termes. Nous avons trouvé un hôtel sur la rue piétonne de la ville et sommes allés boire une bière en regardant le match. Il s'est fini sur un match nul à un partout mais il était intéressant de voir qu'alors les européens ont une tendance affreuse à jouer la montre, les sud-américains jouent la fatigue de l'adversaire et les temps morts du match sont vraiment peu nombreux. Je ne suis pas non plus un spécialiste du football mais bon sur les matchs de l'équipe de France que j'ai vu, on a l'impression que les joueurs vont s'endormir et qu'il n'ont pas vraiment envie de jouer. Dans ce cas, tous les joueurs ont la soif de gagner et ils se donnent tous à fond. Il faut savoir que le match dont je parle se déroulait à près de 4000 mètres d'altitude et que tous les joueurs n'ont pas l'habitude d'évoluer dans ces conditions. Je dirais que la Bolivie méritait plus de gagner au vu de la seconde période mais je m'en suis bien gardé dans le bar rempli de supporters péruviens.
Nous avons donc un bus touristique avec guide et des arrêts ciblés pour un prix défiant toute concurrence mais bon, on est en hors-saison.

mardi 21 décembre 2010

Salar d'Uyuni et autres curiosités boliviennes

Nous avons quitté le désert d'Atacama du côté chilien pour l'altiplano bolivien. Avant de partir, nous avons profité de deux petits bains d'eau salée. La première lagune était tellement salée que nous n'avions pas besoin de nager pour maintenir la tête hors de l'eau. La seconde nous a permis de laver un peu le sel que nous avions accumulé lors de notre premier bain. Nous avons ensuite profité du soleil couchant sur la plaine de sel d'Atacama en buvant un petit pisco sour.
Les frontières terrestres du Chili avec ses voisins sont délimitées principalement par les Andes sauf pour le Pérou au niveau du pacifique et l'Argentine au niveau de la terre de feu.  Celle avec la Bolivie est particulièrement haute et est l'objet de ressentiment du côté bolivien et d'une fierté parfois déplacée du côté chilien. Le Chili ayant gagné la guerre du Pacifique contre la Bolivie et le Pérou en cédant la Patagonie à l'Argentine pour qu'elle n'entre pas en guerre, l'accès de la Bolivie à la mer est passé sous contrôle chilien. Cette partie du territoire est particulièrement riche en cuivre et est un lieu privilégié par les européens et les japonais pour l'installation de télescopes géants. La frontière, définie en 1904, est la ligne de partage des eaux et elles se partagent à 4800 mètres d'altitude. La montée vers le col se fait assez rapidement même avec un minibus et si le mal des montagnes nous a épargné, les premiers efforts se font tout le temps avec le souffle court, les poumons cherchant désespérément de l'oxygène pour alimenter les muscles. Si les frontières chiliennes sont un vrai casse-tête administratif, la frontière bolivienne se passe sans souci. Une américaine de notre groupe résidant au Chili ne nous a pas suivi en Bolivie à cause des formalités chiliennes. Dès les premiers kilomètres, la magie de cette partie volcanique de l'altiplano andin nous tient sous le charme. Les différentes oxydations des minéraux issus du volcanisme donnent aux lagunes et aux montagnes des couleurs inimaginables. A l'image de la région de Cafayate et de celle de Mendoza, ces couleurs sont au nombre de sept. Nous avons commencé par une lagune blanche pour poursuivre avec une verte. Nous avons pu profité d'un bain chaud en pleine nature à 4500 mètre d'altitude grâce à une source sortant à la température de 30ºC. Tous ces endroits sont séparés les uns des autres par des étendues désertiques de sable ou de roche. Nous avons ensuite pu observer de près des geysers et des fumerolles suivant les mêmes coloris. C'est impressionnant de voir la boue bouillonnante et les colonnes de fumée sortant du sol. Les rares endroits de pâtures sont peuplées de lamas et de vicuñas. Nous sommes arrivé dans un refuge situé au milieu du désert sur les flans d'une montagne donnant sur une lagune qui devient rouge le soir quand le vent se lève. Nora n'a pas pu observer ce spectacle à cause d'une insolation qui fut heureusement vite oubliée.
La deuxième journée a pour but de nous amener sur les bords de la plaine de sel d'Uyuni en suivant des lagunes peuplée de flamands roses. L'activité volcanique dégage beaucoup de souffre et le pourrissement des algues laissées à l'air libre par l'évaporation donne à certaines lagunes une odeur plus que désagréable. Nous nous sommes également arrêtés près d'une formation rocheuse aux aspects surprenants, la plus connues étant l'arbre de pierre mais je vous laisse découvrir celle que j'ai trouvé et qui a beaucoup fait rire Fabiano notre guide Aymara. Le reste du voyage nous a permis d'observer l'altiplano et ses volcans et d'atteindre un hôtel construit en sel. Les murs sont des blocs de sel découpés dans la plaine de sel et sont joints par du sel humidifié. Le sol est couvert de sel, ce qui n'est pas forcément pratique avant l'accès au lit. Nous avons bien mangé et même goûté un peu de vin bolivien qui eut vite fait de nous monter à la tête à cette altitude et après la journée harassante.
Ce matin, nous nous sommes levés à 4h30 pour pouvoir observer le lever de soleil sur la plaine de sel d'Uyuni. Le spectacle vaut la courte nuit. Pour s'imaginer la chose, il faut avoir vu une plaine de sel ou une mer sous une couche de glace. Ici, oubliez le golfe de Riga pris sous la glace puisque l'étendu plane de sel fait 160 kilomètres de large pour 200 de long. Les prises de vue sur cette étendue sans frontières se basent principalement sur la perspective. Une séance est même prévue au beau milieu de nulle part pour laisser libre court à l'imagination. Au milieu de ce qui s'appelle en espagnol salar d'Uyuni, se trouve un île couverte de cactus pour certains milénaires et atteignant des hauteurs allant jusqu'à 15 mètres. Le sommet de cette montagne était un lieu de sacrifice à Pachamama, la terre-mère, d'un lama pour avoir de bonnes récoltes. Le changement climatique étant perceptible ici aussi, les saisons sont de plus en plus sèches et l'agriculture devient difficile avec des saisons pluvieuses de moins en moins généreuses à des hivers encore plus secs. Les enfants ont même pris l'habitude de ne plus colorer le sommet des montagnes en blanc. Le second impact à court terme et la disparition des lagunes et de l'humidité qu'elles libèrent. Il en résultera l'extinction d'espèces de flamands roses propres à la région. Pour en revenir à l'île aux cactus, celle-ci est d'origine volcanique mais la roche basaltique est recouverte de corail fossilisé qui lui donne une couleur blanchâtre. Cette île était sans doute enfouie sous des mètres d'eau qui en disparaissant ont laissé du sel. La légende indigène est beaucoup plus belle mais au moins aussi triste que l'assèchement d'une mer. Deux volcans représentant les parents ont abandonné leur fils, l'île, qui a force de pleurer son esseulement a créer le salar puisque les larmes sont salées. Pour les géographes, la mer qui a existé à cette altitude et dont le lac Titicaca est un vestige est tout simplement due à l'élévation d'une partie de l'océan pacifique, les températures et la secheresse de la région ont crée la plaine de sel. Nous avons fini l'excursion par la visite du cimetière de trains d'Uyuni qui est malheureusement aussi celui de tous les détritus de la ville poussés par le vent venant du salar. La Bolivie ayant été mal gouvernée pendant des décennies, elle est un des état les plus pauvres du monde malgré ses richesses minérales, par conséquent, l'écologie n'est pas le souci premier des boliviens. Nous devrions nous diriger vers Potosi et Sucre dans les jours qui suivent et passer le premier de l'an aux alentours de La Paz en compagnie de Roberto que nous avons rencontré à Ushuaïa.

Il fait bon prendre un bain pour destresser

Mais ici, ça serait un peu trop chaud

Une algue donne une couleur rouge à cette lagune

Laissons libre court à l'imagination

Les flamands vivent dans une odeur de souffre prennante

La vue d'une montagne avec mes lunettes

Nous avons passé une nuit salée

Le soleil levant sur le salar

Ce n'est pas le plus grand

Je savais que Nora n'hésiterait pas á m'écraser

Mais je garde la main dessus

A ce moment, je cherche un arbre derrière lequel me cacher


lundi 22 novembre 2010

L'Argentine, c'est fini pour le moment

Voilà, ce matin nous avons traversé la frontière chilienne près de Puerto Natales pour quitter l'Argentine mais l'adieu a vraiment des parfums d'au revoir. Nous avons beaucoup aimé le pays des chauds mais chameau et il est plus que possible que nous y revenions quand les chèvres seront mortes. La frontière n'est pas une formalité car l'amitié chileno-argentine est plutôt fraîche dans les deux sens du terme. Il faut savoir que certaines limites du territoire ne sont toujours pas fixes même s'il s'agit d'étendues de glace. Les chiliens sous prétexte de protéger leur agriculture fouillent tous les sacs, demandent de remplir une déclaration sur l'honneur pour pouvoir entrer sur leur territoire en provenance d'Argentine. Cela est réciproque et d'autant plus surprenant que les argentins ne demandent rien aux passagers en provenance d'Europe ou d'Uruguay. Je ne sais par contre pas comment cela se passe lors d'une entrée par un autre pays que l'Argentine. La seconde chose qui nous a marquée est que le premier panneau à l'entrée en Argentine est un dessin des Malouines avec pour légende : "Les Malouines sont argentines". La guerre de 82 qui avait été lancée pour remettre sur les rails une dictature militaire déclinante semble encore exciter le sentiment nationaliste argentin puisque Ushuaïa est la capitale de la terre de feu, de l'Antartique argentin et des îles de l'Atlantique sud dont font parti les Malouines qui sont "occupées" par l'armée anglaise. Dans la réalité, ce territoire minuscule peuplé de 3500 habitants dont 1500 militaires n'a pas d'autres enjeux politiques que la dernière défaite militaire argentine et le dernier bastion colonial de l'Angleterre. Du côté chilien, ce qui est le plus important, c'est que les hommes ne fassent pas entrer ce que les oiseaux, le vent et les insectes transportent chaque jour et le premier panneau dit : "Évitez les amendes" avec une pomme et un fromage dessinés.
Nous allons donc nous embarquer sur un ancien cargo pour voyager trois jours dans les fjords du sud du Chili et arriver à Puerto Montt. La nourriture est fournie à bord, reste à voir pour la boisson et comment sera le confort dans une cabine de 42 couchettes. Le fait est qu'on a trouvé un logement "chez l'habitant" pas cher et dans une chambre où nous sommes que tous les deux.