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dimanche 7 octobre 2012

Les voyages forment la jeunesse, enfin, je ne suis pas sûr pour les bus péruviens

La vallée au soleil couchant
Pour commencer, je vais revenir un peu sur les aventures des derniers jours. Nous n'avons pas retrouver le précieux anneau que nous avons perdu mais nous sommes en grande forme et l'altitude ne nous gène pas vraiment. Nous avons bien retrouvé les deux filles qui étaient en même temps que nous près de la cataracte mais nous n'avons pas osé proposer de l'argent à deux personnes qui semblaient ne pas avoir ce que nous cherchions. 
Elles ont été plutôt sympathiques avec nous et ne paraissaient pas avoir quelque chose à se reprocher. J'aime à penser qu'elles n'ont pas trouvé cette alliance. Nous avons par la suite déjeuner avec deux français d'une quarantaine d'années qui vivent à Panama sur un bateau. Ils étaient très intéressants et avenants avec les visages portant les rides de la liberté. Ces rides sont celles qu'on attrape au soleil même si contrairement à d'autres, ils disent avoir travailler dur pour acheter ce bateau et qu'ils continuent de travailler pour vivre. Selon eux, de plus en plus de gens voyagent en bateau à travers le monde en vivant des rentes ou de la retraite. Nous avons échangé sur nos expériences de voyage et cette rencontre a été vraiment plus que plaisante. 
Le volcan secret
Nous sommes retournés à Aréquipa par le bus du soir mais pas avec la même compagnie. Le bus était un tout petit peu mieux mais le chauffard ne valait pas mieux. Avant que le soleil ne se couche, nous avons pu apprécier les paysages depuis la route qui serpente à flanc de montagne. Ces flancs sont couverts de terrasses et de petits villages auxquels nous n'avions pas prêté attention en venant et que nous ne pouvions pas voir quand nous étions au fond de la vallée. Une fois sur le plateau, nous avons pu voir des dizaines de parcs à lamas dominés par le un volcan magnifique dont je tairais le nom car je ne le connais pas. La nuit est ensuite tombée et l'angoisse avec. Il faut croiser des bus et des camions sur une route qui visiblement n'est pas spécialement faite pour ça. J'ai particulièrement eu peur quand nous avons croisé un bus et qu'assis devant sur la droite, j'ai vu que le vide était sous le devant du bus avec sans doute quelques centimètres entre la roue avant au dessus de laquelle je me trouvais et le ravin. Le second moment de frayeur a été quand nous roulions sur la panaméricaine à 70-80km/h alors qu'il y avait un brouillard épais qui ne permettait pas de voir à dix mètres. Mais bon, c'est le Pérou. 
La Laguna Lagunillas
Nous sommes arrivés, vivants, à l'heure, avec nos sacs et nous avons pu prendre un bus pour Puno dans la foulée puisque Julsa a un bus qui fait la liaison toutes les heures. Nous avons une nouvelle fois obtenu les dernières places, celles donc qui se situent au fond du bus mais cette fois près des toilettes. Elles puaient et pourtant n'étaient pas en service. Nous avons fini notre nuit sur les sièges qui étaient suffisamment doux pour permettre le sommeil. Au réveil, le soleil se levait sur un paysage splendide. L'herbe est courte et rare mais les montagnes autour sont également couvertes de parcs à lamas. Nous suivons une ligne de chemin de fer qui a récemment été remise en état. Il nous semble avoir entendu parler d'un train allant d'Arequipa à Puno mais rien n'est sûr. Le fait est qu'il est de plus en plus commun de voyager par ce moyen dans les Andes pour des prix de plus en plus exorbitants. C'est le cas du Tren a las nubes en Argentine, du train qui va à Machu Pichu, de celui qui traverse la Bolivie... Le marché est lucratif et cela permet quelque part de redynamiser un moyen de transport un peu moins polluant mais il est vrai que les prix sont rédhibitoires même pour les gringos. Dans la catégorie des trains les plus chers, Peru Rail qui exploite la ligne de Machu Pichu à Puno est celui affiche les prix les plus incroyables et à côté desquels le TGV sans la carte 12-25 paraît bon marché.

vendredi 5 octobre 2012

Bardot va pas me casser les Cuy


A mes amis végétariens aimant les petits animaux qui font des bruits de cochon ainsi qu'à mes amis téléphiles qui pensent que Loft Story a été un vrai chef-d'oeuvre télévisuel, mieux vaut oublier ce passage. Il y a quand même plus de chance que vous soyez végétariens que fan de Loft Story.
Nous avons dégusté un Cuy ce soir en face de Disney Channel en espagnol et d'une émission péruvienne dans un restaurant familial sympathique qui se nomme Quechualla. Je ne m'attarderais ni sur l'un qui est un excellent repas et qui ne me pose aucun problème d'éthique, ni sur l'autre qui me conforte dans mon choix de n'avoir pas de télé.
J'avais bien aimé la blague du guide de Huaca Pucllana qui disait que dans le monde occidental on baptisait les cochons d'inde mais que lui aussi. Il les appelait Lundi, Mardi... En fonction du jour de la semaine où il comptait le manger. Le cochon d'inde est une viande assez fine qu'on pourrait facilement comparer au lapin et qui est plutôt bien passé avec le vin doux de Quechualla, un village du canyon. Nora a tenu a prendre un dessert et, une fois n'est pas coutume, j'ai du l'aider à finir. La petite fille qui nous a apporté la portion avec des airs de serveuse mi-dinette, mi-restaurant, nous demande si une suffira. Il me semble que la moitié d'une aurait suffit pour deux. Pour les gens qui sont en train de penser que le travail des enfants ne me fait ni chaud ni froid, ne vous méprenez pas. Il y a pour moi un fossé entre cette petite fille en âge de jouer à l'épicière et qui prend plaisir à servir le dessert et l'exploitation d'enfants qu'on a malheureusement l'occasion de voir assez souvent dans un pays où la succession de dictatures militaires et d'économie capitaliste sauvage ont creusé le fossé entre les très riches et les très pauvres. Je ne pense pas qu'il faille empêcher les enfants de donner un coup de main mais il ne faut surtout pas les forcer quand ils ne veulent pas. Plus qu'aux parents, c'est à la société de permettre qu'un enfant aille à l'école plutôt qu'au travail.
Concernant la télévision, elle est omniprésente dans les restaurants, les bars, les stations de bus ou les hôtels. Le niveau culturel des 101 dalmatiens oscille entre le plagia de « Maman, j'ai raté l'avion » qui n'était pas d'un grand niveau et la love-comedy typiquement américaine. Franchement, je pense qu'il y a aussi divertissant pour les enfants en étant plus utile. Style, jouer à la wii. Concernant l'émission de télé « esto es guerra » dont le thème directeur est la guerre des sexes à travers une série d'épreuves sponsorisées par différentes compagnies du pays. Par exemple, une partie style question pour un champion en un peu plus facile est sponsorisée par la Universidad Cientifica del Sur. Durant cette épreuve, les filles qui arborent des lunettes mi-salopes, mi-intello et vêtues d'un haut de maillot de bain rouge assorti à un pantalon moulant à la mode Shakira doivent répondre plus vite que les hommes de style Ricky Martin à des questions auxquelles mon niveau d'espagnol me permettait de répondre. Je ne résiste pas non plus au plaisir de vous parler du karaoke durant lequel les gens chantent avec les pieds dans un bac rempli tour à tour de souris, d'une tarentulle, de poisson pourri ou d'un poulpe avec pour finir une mise en scène destinée à faire croire que du courant électrique est envoyé dans le micro. Vu que le première épreuve était sponsorisée par une université, on s'est demandé si ce n'était pas un concours pour obtenir des bourses.
En tout cas, le cochon d'inde c'est bon et j'y referais bien un tour avant de partir car j'ai peur qu'en France, BB,PETA,SPA et les autres me traitent de carnivore inhumain.

La perte de l'anneau


Cette journée sera sans doute gravée dans nos mémoires pendant longtemps. Tout à commencé le plus ordinairement avec un petit déjeuner de camping au milieu des falaises du canyon de Cotahuasi à quelques mètres de la chute d'eau dont j'ai parlé hier. Nous décidons d'aller ensemble voir ce phénomène de la nature et pour la première fois depuis notre arrivé dans cette région, nous voyons d'autres touristes. Nora s'aperçoit qu'elle n'a pas son alliance qu'elle a laissé sur un rocher dans son chapeau, je lui propose de faire demi-tour pour la récupérer et voir si elle n'est pas tombée du chapeau e cours de route. Confiants dans notre capacité à la trouver par la suite, nous continuons vers la cataracte à laquelle nous arrivons à peu près en même temps que ces deux filles. Je demande si elles n'ont pas vu une alliance sur le chemin et elles répondent que non. Nous prenons des photos et nous retournons après elles vers le lieu où nous avons campé. Sur une hauteur, je les vois s'arrêter à hauteur de notre campement et regarder. Elles s'approchent du rocher à côté duquel Nora est à peu près sûre d'avoir égaré l'anneau et quand nous arrivons elles sont toujours là mais l'alliance qui est notre souvenir commun de ce jour magnifique n'y est plus et les deux heures de recherche le confirmeront. Nous ne pouvons pas être complètement sûrs que l'alliance soit partie avec elles mais nous avons de fortes suspicions. J'essayerai de les confirmer demain en proposant de racheter l'anneau contre une grosse somme d'argent si elles reviennent de la randonnée qu'elles ont prévu de faire. Si elles acceptent, ce sera triste mais nous récupérerons cette alliance. Sinon, l'anneau restera dans les environs de cette chute d'eau jusqu'à ce que quelqu'un le retrouve. A toute fins utiles, elle est gravée de « Nora un Christophe 05-06-10 » à l'intérieur.
Cet épisode a eu pour effet de couper notre engouement au moins pour la matinée. L'après-midi a quand à elle était consacrée à un gros épisode de farniente entre les deux bars-restaurants de la petite ville. Demain, nous quittons le canyon pour la ville d'Arequipa où nous espérons pouvoir prendre un bus pour La Paz. Là-bas, nous allons retrouver Roberto que nous avions rencontrer à Ushuaïa et avec qui nous avions passé un premier de l'an mémorable dans sa ville. Nous visiterons ensuite les berges du lac Titicaca avant la vallée sacrée et la jungle.

mercredi 3 octobre 2012

Arrivée à la cataracte de Sipia


Il reste du chemin et je ne vais pas pouvoir passer par là
La matinée fut dure pour tous les deux. Alors que nous étions déjà à plus de 4km de Cotahuasi, nous avons demandé si la chute d'eau est encore loin. Le sens des distances des gens du coin est tout de même bien reflétait par la carte dont je vous parlais hier. Nous étions sensés être à mi-chemin à ce moment-là mais le mi-chemin s'apparentait plutôt à un tiers. Personnellement, j'ai les pieds en compote, le sac est trop lourd par rapport à ce que j'ai l'habitude de porter et je marche une bonne partie du trajet comme sur des oeufs. Ce ne sont que les paysages et les gens du coin qui sont toujours prêts à donner un coup de main ou dire un bonjour qui me font oublier mes pieds qui me font de plus en plus mal.
Nora veut passer par la passerelle,
je choisirais le pont
Pour Nora, c'est d'abord le genou sur lequel elle est tombée hier qui la fait souffrir mais la douleur au genou est bientôt remplacée par un mal aux épaules qu'on imputera vite au poids du sac et au trajet de la veille. Cependant, comme je l'ai dit, les paysages sont magnifiques et nous sommes dans la partie basse de la vallée qui s'apparente beaucoup plus à ce que j'appelle un canyon. Les montagnes se colorent dans cette partie de rouge, de gris-vert, d'orange, de fauve et de jaune sur un relief façonné par l'érosion de manière incroyable. Au fur et à mesure de l'avancé, nous nous enfonçons de plus en plus dans le canyon et le torrent qui n'a guère reçu d'eau depuis son départ se réduit. Il n'en devient que plus tumultueux. Je vois un véritable étranglement entre deux montagnes et je dis à Nora en claudiquant à cause des ampoules qui me meurtrissent les pieds que ce doit être là que se trouve la fameuse cataracte.
Ca se rétrécit..
Nous avons fait une bonne douzaine de kilomètres sur les huit prévus quand nous croisons des travailleurs juste en dessous du panneau indiquant la cataracte. Nous avons eu peur quelques instants que le chemin soit fermé et que nous ayons fait tout ce chemin pour rien. Heureusement non, ils ont l'air content de nous voir puisqu'ils réparent le chemin pour les touristes et que nous faisons partie de cette espèce. Nous nous arrêtons à l'ombre avant la chute car le soleil de midi tape déjà fort et nous ne voulons pas risquer l'insolation. Nous déjeunons et nous reposons avec pour but de voir la chute d'eau cet après-midi. Je laisse les pieds dans le torrent pendant une bonne dizaine de minutes pour apaiser le feu qui règne en leur sein. Avoir les pieds dans l'eau dans un cadre aussi magnifique après avoir souffert de ces derniers pendant cinq bons kilomètres est jouissif.
Après un frugal déjeuner car nous n'avons pas très faim sous cette chaleur, nous décidons de laisser les sacs en contre-bas du chemin pour aller voir cette fameuse chute d'eau que nous avons tant voulu voir. Finalement, en voyant le chemin serpenter vers le haut puis vers le bas puis de nouveau vers le haut, Nora me laisse seul à l'aventure car ses forces ne sont pas au mieux est le sentier semble dangereux. Il faut en effet faire très attention car le vent est fort et le site est dans son état naturel donc pas de barrières ou de protection d'aucune sorte en cas de faux-pas. Nous ne nous en plaindrons pas mais je reste quand même à trois bons mètres du gouffre dans mon cheminement vers le meilleur point de vue. Je distingue déjà le haut de la chute depuis un bon moment et je reçois des gouttes d'eau poussées par le vent qui remonte la vallée depuis l'océan. Je m'approche de ce qui semble être un belvédère de fortune et c'est de là que j'aperçois la chute d'eau dans son ensemble. 150 mètres d'eau qui dévalent en deux fois la falaise. Le son était déjà assourdissant depuis longtemps mais cette fois c'est encore plus fort. La sensation est parfaite, la vue, l'ouïe, le toucher. Après avoir pris quelques photos comme c'est l'usage, je monte un peu plus haut vers des amas de pierre laissés comme une marque par les touristes qui font le déplacement. Sur le chemin du retour, je vois Nora qui étend du linge. Je ferais un peu de lessive après même si étend donné le lieu on ne peut laver qu'à l'eau douce. Nous profitons également du soleil est du torrent pour faire un brin de toilette dans une crique un peu isolée et nous consacrons un peu de temps à l'écriture de nos carnets de voyage respectifs. Pendant ce temps, deux jeunes hommes sont passés avec des filets de pêche qui sentaient bon le braconnage.

Retour sur Cotahuasi


J'ai deux gourdes pleines
La carte que nous avons glané à l'office du tourisme d'Aréquipa n'est pas vraiment précise même si elle a au moins le mérite d'exister. Sur les 20km que nous avons fait aujourd'hui, seulement une petite dizaine apparaissaient sur la carte et les derniers ont été particulièrement difficiles avec entre autre une chute de Nora due en grande partie à la fatigue. Mais dans l'ensemble, la journée s'est plutôt bien passée. Elle a commencé pour moi par la recherche d'eau pour le petit déjeuner car j'ai eu la bonne idée de mal fermer une des gourdes et l'eau s'est écoulée dans la tente goute à goute mais suffisamment rapidement pour inonder une partie de cette dernière. J'ai pu admirer la vallée d'en-dessus au soleil levant. Nous sommes ensuite passés dans Visbe où se tenait un conseil municipal sur la place principale puis nous avons suivi le fond de la vallée sur le côté opposé à celui de la veille et avons profiter de l'ombre de quelques arbres pour faire un longue pause déjeuner avant de reprendre jusqu'à Cotahuasi.
Le feu
Juste après le déjeuner nous avons vu une fumée rougeâtre s'élever dans les cieux et avons commencé à prendre peur en croyant être en face d'une éruption mais ce n'était qu'un flanc de montagne qui était en feu. Je n'ai jamais vu un feu se propager aussi vite mais un local nous dit que ce n'était rien et en effet, une fois le sommet de la montagne atteint, il s'est arrêter faute de combustible. Vers Cotahuasi commence réellement le canyon et les paysages dont nous avons été les spectateurs avant de descendre planter notre tente valaient l'effort de fin de journée. Demain, nous espérons voir la chute d'eau qui semble être le clou du spectacle de ce canyon.







Un bout de montagne

Et au milieu coule une rivière

Un bain de pieds le soir

mardi 2 octobre 2012

Haute vallée de Cotahuasi


Le sac est presque aussi grand que moi
La première journée de marche s'est plutôt bien passée même les petites douleurs musculaires sont au rendez-vous ce soir. Nous avons installé la tente sur une terrasse qui surplombe la rivière et qui se situe à plus ou moins vingt minutes du village en amont et de celui en aval. Nous avons pris le déjeuner dans des bains chaud qui se nomment Lucha et qui, s'ils ne sont pas aussi bien tenus que ceux de Liucho, ont l'avantage d'être gratuits avec la famille qui nous accueille et vient nous parler. Il est d'ailleurs intéressant de noter que dans cet endroit où nous sommes plus ou moins les seuls touristes, les gens nous parlent facilement, nous saluent, un jeune homme du nom de Romgel a fait un bout de chemin avec nous. Nous avons pu bien avancé cet après-midi car le temps était un tout petit peu couvert et un vent assez fort rafraichi l'air mais le rend encore plus sec.
Dans les bains avec le Dicipac
En essayant de trouver une source, nous avons vu le système d'irrigation qui permet d'alimenter un nombre incalculable de terrasses et qui datent de l'époque Inca en partie. Autour de chaque plan, un petit muret de terre est construit pour permettre à l'eau de stagner un peu car la terre est très sableuse. Il faut dire que nous sommes entourés de part et d'autre par un plateau désertique où le fleuve seul permet la culture. Ici, la mode n'est semble-t-il pas à l'exportation suivant ce que j'ai pu lire et les cultures vivrières sont en grande partie troquées comme c'était le cas à l'époque Inca. Il faut dire que l'exportation n'est pas facile puisque la liaison est celle dont je vous ai déjà parlée et que cette agriculture bio ne permet pas les rendements qui sont obtenus dans la jungle à grand renfort de pesticides et d'engrais.
Survivra-t-elle au prochain tremblement de terre ?

lundi 1 octobre 2012

Les trajets en bus ne sont pas de tout repos

L'hostel la primavera à
Tomepampa
Le trajet en bus fut une expérience à part entière. Tout d'abord, nous arrivons à la gare routière suffisamment en avance pour pouvoir nous renseigner sur les bus qui partent vers La Paz en venant d'Aréquipa. Nous essayons d'acheter des billets pour le trajet du soir auprès de deux entreprises qui assurent la liaison avec Cotahuasi. Aucune ne propose de tickets, les bus sont pleins. Nous changeons d'aile du terminal et demandons quelles autres entreprises assurent la liaison. Il y en a deux autres auprès desquelles nous ne sommes pas allés. Nous nous dirigeons vers la plus proche « Inmaculada Concepcion » qui n'a plus de tickets mais qui refuse à un homme de lui reprendre ses deux tickets pour Cotahuasi. C'est notre chance, nous sautons dessus sans être vraiment sûrs qu'ils seront valides ou que ce soit de vrais billets. Ils sont valides et nous montons dans le bus. Les gens s'entassent avec leurs sacs dans la partie destinée aux voyageurs du bus car les soutes sont réservées au transport de colis et d'encombrants. J'estimais que nos sacs faisaient partie des encombrants mais ce ne fut pas l'avis des autres passagers et du contrôleur. Nos places sont situées au fond du bus et cela nous permet d'installer nos sacs sans trop gêner la circulation. Au moins pendant la première partie du voyage... Les paysages sont magnifiques au soleil couchant mais la position à l'arrière d'un bus dont les amortisseurs ont fait leur vie depuis déjà longtemps est plus qu'inconfortable. Nous sommes déjà contents d'avoir un bus et d'avoir nos sacs. A la nuit tombée, nous attaquons la partie montagneuse du trajet pour ainsi dire puisque la première partie était dans les montagnes également. Au clair de lune nous distinguons les paysages que nous traversons et les précipices auprès desquels nous passons. Vers la moitié du chemin, nous nous arrêtons dans une ville pour débarquer des passagers et en prendre d'autres. C'est à ce moment-là que nous apprenons que la place 49 existe alors qu'elle n'est indiquée nulle part et qu'elle servait pour l'instant de siège à nos sacs. Nous devons donc laisser la place à une mamita habillée à la mode des montagnes s'assoir et prendre nos sacs sur nos genoux. La secondes partie du trajet est beaucoup plus chaotique et le passage à plus de 4000 mètres dure suffisamment longtemps pour se faire sentir un petit peu. Les genoux écrasés par nos sacs, nous apprécions encore moins les nids de poules à pleine vitesse avec les sus-dits amortisseurs. D'autant plus que la mamita en surbooking prend de plus en plus de place sur l'espace qu'il me restait après avoir partagé une partie de mon fauteuil. Quand elle semble vouloir descendre nous sommes aux anges et nos sacs ont vite retrouvé la place 49 sur laquelle ils avaient commencé le voyage. Le répit est de courte durée puisqu'elle revient après un bon quart d'heure sans que nous ayons pu comprendre ce qu'elle avait fait pendant ce temps. Enfin, elle descend avec bon nombre de passagers et nous nous installons pour les dix minutes de voyage supplémentaires. Nous arrivons dans l'auberge où nous étions sensé avoir une réservation un peu avant 4h mais le système de réservation n'existe pas vraiment en fait et personne ne savait que nous arrivions. L'auberge Primavera est de toute façon vide et nous avons peut-être une idée de pourquoi. Au moment de réserver, on nous avait promis l'accès à la cuisine même si le déjeuner inclus. Ce matin, pas d'accès à la cuisine et pas moyen de prendre un petit déjeuner. Selon la jeune fille qui sert d'hôtesse, elle n'a pas les clefs. Elle doit être passe-murailles car on vient de la voir dans la cuisine... C'est pas grave, on ne restera qu'une nuit sur les deux prévues.

dimanche 30 septembre 2012

Arequipa - Pérou : deuxième jour

Un des bas-reliefs
Nous sommes loin de regretter la décision que nous avons prise de rester deux jours à Arequipa. Non seulement, cela nous permet de nous adapter en toute tranquillité à l'altitude mais cela nous permet de profiter d'une ville particulière. Contrairement à Cuzco, Arequipa a été construite après le l'arrivée des conquistadors espagnols. L'architecture est donc hautement influencée par ces derniers. C'est ce que nous avions découvert hier et encore plus aujourd'hui. Cependant, dans les bas-reliefs qui ornent les églises et les autres bâtiments de la ville, on voit très vite l'influence de l'art inca dans les dessins sacrés. Ainsi, un fresque représentant des anges va afficher un visage qu'on retrouve dans l'art inca pour représenter Inti, le dieu soleil. Cela est du au fait que l'évangélisation des populations locales est d'abord passé par une adaptation du dieu et des saints catholiques aux dieux et aux esprits que vénéraient les habitants du Pérou avant l'arrivée des évangélistes.
Une rue du couvent
Parmi les bâtiments qui valent le détour, on notera le couvent de Sainte-Catherine de Sienne qui s'étend sur près de cinq hectares à deux pas de la Plaza des Armas. La visite permet de s'immerger dans le monde monacal et la vie claustrale mais également de découvrir une petite ville dans la ville puisque loin du confort spartiate que j'imaginais pour un tel lieu, chaque soeur avait une petite habitation avec son propre four et son propre confort. Il y avait des jardins pour produire une grande partie de la nourriture consommée par les soeurs et tout un microcosme s'articulant autour des prières. Les murs du couvent sont peints de différentes couleurs et cela donne au lieu une allure exceptionnelle qu'on ne voit bien qu'avec les yeux. Le tout, toujours dominé par les volcans qui entourent la ville. Si une des fiertés du couvent est la collection de 400 peintures, je n'ai pas trouvé de chef-d'oeuvre qui vaille un tel orgueil.
Après cette visite, nous avons continué la préparation de notre expédition à Cotahuasi qui si tout se passe bien devrait débuter lundi et nous couper totalement du monde pour une petite semaine. Nous avons réussi à trouver un hôtel pour la fin de la première nuit afin d'avoir un lieu d'arrivée après les douze heures de bus dont la moitié prévue sur des routes dignes de la Lettonie avec le dénivelé en plus. Hors de la facilité du canyon de Colca, plus proche et plus touristique, celui de Cotahuasi est le plus profond du monde et beaucoup moins visité que le premier. Nous espérons pouvoir rencontrer plus réellement la population locale car c'est un des avantages toujours mis en avant par les bloggers qui ont choisi Cotahuasi par rapport à Colca. Nous comptons environ 80km à pied entre 2800m et 4000m d'altitude à raison de 20km par jour. Les gens d'Arequipa avec qui nous avons partagé notre projet et qui n'était pas une agence de tourisme, nous ont dit que la beauté des paysages valaient les 12h de bus chaotiques.
Une des places du couvent avec
le volcan Chachani en fond
De retour à l'hôtel, Nora nous a préparé la soupe au quinoa la plus exécrable qu'ils nous est été donné l'occasion de goûter. Il faut dire que nous manquions de condiments et d'accompagnement en général pour la préparation d'une soupe. Morts de faim après les visites du matin et la recherche d'information fiable sur le canyon de Cotahuasi, nous lui avons quand même fait honneur. Cet après-midi, nous avons visité les quelques rues du centre-ville que nous n'avions pas encore arpenté et avons réussi à trouver des recharges de camping-gaz hors du magasin pour randonneurs de l'extrême en sortant un tout petit peu du centre. En plus, cela nous a permis de voir un marché aux petites allées bondées de vêtements et de milliers d'autres articles à faire pâlir tous les marchés de Riga. Nous avons fini cette dure journée de labeur par une bière locale sur la terrasse de l'hôtel avec des micro-bananes et des chips de plantins. Reste à voir ce que nous allons faire ce soir mais le réveil s'étant encore passé aux aurores, j'ai peur de ne pas être d'attaque pour une pena mais pourquoi pas un petit pisco sour sur une terrasse en surplomb de la Plaza des Armas.